De jeunes migrants à la rencontre des professionnels de Changé

Groupe MAST

Cette semaine, nous avons eu le plaisir d’accueillir au centre Rabelais des jeunes migrants de l’EREA de Changé, venus découvrir le métier de régisseur. Une rencontre enrichissante, réalisée dans le cadre d’une « visite filmée des acteurs économiques de la commune de Changé ». Retour sur cette initiative solidaire et nécessaire.

Découvrir pour mieux s’intégrer

Ils s’appellent Kaissani, Ousmane, Alpha, Ibou, Ahmed ou Mudasir, ils sont âgés de 16 à 18 ans et viennent tout droit des Comores, de Guinée, du Sénégal, du Bangladesh ou encore d’Afghanistan. Venus en France pour y trouver un avenir meilleur, ils sont aujourd’hui accompagnés par la MAST (Mesure d’accompagnement scolaire temporaire) de Changé, qui, sur une période de 6 mois, encadre 12 jeunes migrants dans leur apprentissage de la langue française et leur insertion.

Toute la semaine, c’est autour du projet « visite filmée des acteurs économiques de la commune de Changé » qu’ils partent à la rencontre des professionnels de la ville de Changé. Armés d’une caméra et de leurs micros, ils vont donc observer et questionner mécanicien, vendeur en supérette, buraliste, boucher-charcutier, chef de cantine, employé de déchetterie, employés des services techniques municipaux, élu ou encore coach en image : « On leur demande comment ils ont appris leur métier et comment ça fonctionne » explique Alpha, 16 ans.

Réalisation d’une interview, prise d’images, puis montage, ce sont les jeunes qui réalisent de A à Z ce qui sera un documentaire filmé de leur expérience. L’objectif selon Alice Coat, leur encadrante : « Permettre aux jeunes de découvrir ou redécouvrir certains métiers, de pratiquer la langue française “hors de l’école” et de développer leurs compétences numériques. Mais aussi tisser du lien avec la commune ! » Cette initiative est réalisée en partenariat avec l’association audiovisuelle « Les pieds dans le Paf » et cofinancé par la Région et les fonds européens dans le cadre des actions éducatives ligériennes.

Des jeunes motivés

En raison de la pandémie, les 12 jeunes sont séparés en 2 groupes. Après une première interview réussie, le premier groupe d’apprentis réalisateurs exprime déjà son enthousiasme :

« On est content de faire partie de ce projet, on veut comprendre comment ça fonctionne, connaître la culture française pour nous aider à mieux nous intégrer »

Ousmane, 16 ans.

Un moyen pour eux donc, d’apprendre autrement et de pratiquer leur français, tout en rencontrant des acteurs importants de la ville. « On espère faire un beau film ! » conclut Alpha.