Exposition virtuelle : Tafsir Momar Gueye, maître sculpteur sénégalais

Sculpteur de mémoires, sculpteur d’espoir

Après le succès de la première édition des expositions et rencontres virtuelles, le Centre Rabelais vous emmène cette fois-ci au Sénégal avec l’artiste Tafsir Momar Gueye.

Sculpteur à la renommée internationale, il sera présent en visioconférence le mercredi 31 mars pour partager son œuvre. Découvrez cet artiste du bois, qui ne cesse de rendre hommage à son histoire.

Une rencontre déterminante

Né à Rufisque en 1956, Tafsir Momar Gueye se destine d’abord à une carrière d’acteur. Mais passionné par le dessin, il se dirige vers l’école d’art de Dakar pour commencer ses études. C’est là-bas, qu’il rencontre celui qui le poussera à devenir artiste : Léopold Sédar Senghor. Alors président du pays, ce dernier le remarque et l’encourage à continuer dans cette voie.

«C’était un grand homme, un amateur d’art. Lorsqu’il a découvert mon travail, il m’a encouragé à me perfectionner en Europe».

Il part alors en France et en Italie où il apprend le modelage et la sculpture avec des matériaux exceptionnels, tels que le marbre de Carrare et le bronze de la fonderie Blanchet, où sont produits les célèbres trophées des Césars.
Appréciant particulièrement le travailler, Tafsir Momar Gueye se tourne finalement vers le bois et en fait son matériau de prédilection. Amoureux du bois de vène , une variété de l’acajou qu’il se procure en Casamance, il en tire dans son atelier de Dakar, des sculptures aux lignes simples et pures.

Transmettre la mémoire

À son retour au Sénégal, le succès est immédiat. Une de ses monumentales sculptures de bronze est érigée place Soweto face au parlement Sénégalais et plusieurs de ses œuvres sont installées dans la maison de Léopold Sédar Senghor, devenue un musée. Une véritable consécration pour cet artiste qui n’a de cesse de représenter le quotidien de son pays, mais surtout la mémoire de l’esclavage et de la traite négrière.
Une promesse plus qu’une inspiration, faite à son père lors d’une visite sur l’île de Gorée, centre emblématique du commerce d’esclaves de la côte africaine du 15 au  19 siècle. Face à l’histoire tragique de ses ancêtres, Tafsir Momar Gueye promet de transmettre à son tour son héritage :

« Cette histoire ne peut être oubliée. Le peuple africain demande aujourd’hui la reconnaissance de cette tragédie pour construire l’Afrique moderne du XXIᵉ siècle ».

Une renommée internationale

Hommage fort et émouvant de la traite des esclaves « Sculptures de mémoire, sculptures d’Espoir » est devenue une œuvre mondialement connue. Ces 32 statues de bois, qui parcourent encore aujourd’hui le monde entier, commémorent la mémoire des victimes de l’esclavage. Représentant des esclaves enchaînés, mais fiers, l’artiste donne dans cette œuvre majeure un message d’espoir.

« Les chaînes qui servaient à lier les esclaves pour les mener à bon port en Amérique symbolisent aujourd’hui l’union des cœurs et des esprits au-delà des océans. »

Acclamée sur tous les continents, cette production a fait de Tafsir Momar Gueye, un sculpteur majeur de notre temps.

L’artiste sera présent le mercredi 31 mars à 19h en visioconférence et en direct du Sénégal, pour partager son travail et échanger. Une rencontre événement ouverte à tous, sur inscription à l’adresse culture@lerabelais.org. Vous recevrez par retour de mail le lien pour vous connecter à la visio.

Pour découvrir ses œuvres, baladez-vous dans la galerie virtuelle ci-dessous ! Pour une expérience optimale nous vous invitons à ouvrir cette page avec le navigateur google chrome.

Photos : © Luc Devernay

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